26/12/2003

Ma "lettre au père", du 2.07.03

Et lorsque tu reviendras de ce long voyage, si tu en reviens, je t'attendrai ténue, assise je ne sais où. J'attendrai que tu cherches mon regard. Peut-être aurai-je du mal à le croiser. Je sais les questions qu’il me faudra y deviner. Toi qui m’avais donné vie, me voici qui veille sur toi, corps fatigué étendu près de moi. Je guette ton souffle, et te voir ainsi fragile et vulnérable me martèle à chaque recoin du cœur. Moi déjà brisée de tant de colères je n’ai que faire de mon courage ; ici, il a fui depuis un temps, et les yeux ne se croisent aucun matin.

 

Et lorsque tu rentreras, me pardonneras-tu de tous ces pas hésitants entre tendresse et violence? Entre les deux, dans tes soirs d’ivresse laquelle attends-tu ? Quelle prodigieuse et terrible inversion ; ne serait-ce à toi de me protéger des dangers du dehors ? J’ai fermé toutes les portes et jeté toutes les clés. Pour que cette partie de vie te plaise et pour que tu acceptes d’y poser ton bagage à jamais ; que me restera-t-il à faire lorsque tu ouvriras les yeux ?

 

Il me reste les caresses que j’attendais de toi et qu’il me faudra te donner puisque aujourd’hui c’est toi qui es devenu mon enfant. Combien d’années, combien de jours ou d’heures me reste-t-il pour cela ? C’est peut-être pour ne pas savoir que je ne croise jamais ton regard…




19:43 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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