09/01/2004

L'urgence

Cet après-midi, au fauteuil de jardin j'ai préféré m'asseoir en tailleur sur l'herbe, la mousse et les trèfles, pour me surprendre à réveiller, du bout des rêves, les jeux de cache-cache entre les arbres, les rires et les courses de chevaux imaginaires. J'ai réuni quelques feuilles séchées que le vent avait parsemées autour de moi, et les ai assemblées pour composer un visage. Un visage tout simple, avec deux yeux, un nez, un large sourire et les cheveux par dessus. J'ai même esquissé des sourcils étonnés.

 

Tout à coup, un coup de vent, long, relativement fort, surprenant.

 

En quelques secondes, ce n'était plus le même visage qui me regardait de ses yeux feuillus, mais un visage défiguré, méconnaissable. Une bouche tordue, les sourcils de travers; des yeux aussi terrifiés que terrifiants. Une image qui semblait grimacer contre mon insouciance, ou peut-être me reprocher ma présence qui n’en finit pas de se traîner dans son univers. Ou voulait-elle me signifier que l’enfance n’était plus. Pourtant j’en fais des efforts pour ne pas tomber dans le piège, rester sur la bonne rive. M’en chasserait-elle à présent ?

 

Ainsi ce n’était donc pas une plaisanterie de mauvais goût : rien ne dure, tout s’en va, c’est l’urgence, l’urgence est là, qu’est-ce qu’elle crie l’urgence… est là.


18:14 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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