09/01/2004

La passante

Ma vie cette longue course se résumerait-elle en quelques images? Enferme-t-on les émotions comme dans une bulle de verre en les couchant sur de petits papiers, comme ceux que j’abandonne dans les trains pour réveiller les automates ? Dans leur bulle de verre, on les regarde, on les sublime, on les porte à la perfection, on les rêve enfin mais on n’y touche pas. Alors je passe des heures en bibliothèque, petit soldat contre l’habitude et que l’habitude a elle-même détourné de la piste.

 

La joue collée à la vitre du bus je me suis encore emparée de la ville tout entière. C’est la foire sur le Boulevard d’Avroy. Il y a des feuilles enrobées de miel qui volent tout autour, et quand le matin on choisit de faire le chemin à pied depuis la gare jusqu’à Saint-Pholien, on a le privilège d’entrevoir un palais à vous couper le souffle. Les manèges dorment encore, la roue ne tourne plus. Il y a des papiers sur le sol, ça sent le sucre réchauffé. Il y en a eu des passants qui ont entrepris de se risquer à toutes les attractions, et dont seulement quelques-uns auront fait le pas de cinq minutes de rêve pour quelques sous. Il y en a eu des pas qui ont frôlé ces feuilles.

 

Est-t-il possible qu’en tissant les choses, en les décrivant je les détisse en même temps? Si c’est le cas je ne veux rien perdre, rien oublier, tout imprimer dans mes yeux pour savourer les choses à des années-lumière d’elles…

 

"Soyez passants"...



18:49 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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