26/05/2004

Parfum d'avant

Je viens de rentrer…

Une bonne heure à ratisser le jardin de long en large après en avoir ôté la mousse. La mousse, la conduire en brouette au bout de l’ancienne ligne de tram, là où l’asphalte s’achève pour aboutir à un bosquet.

De la ligne du tram au bosquet, un champ, quelques garages, des buissons.

 

Te souviens-tu, toutes ces années de courses et de jeux entre les arbres ? Tu m’avais appris à y grimper, et du sommet du cerisier, on dominait les maisons du quartier, on pouvait voir jusqu’à la râperie… Inquiète Maman qui ne nous quittait pas des yeux. « Redescendez » elle disait.

 

Et puis les deux simples cordes nouées à une planche de bois un peu fatiguée, on l'appelait  balançoire. Les concours que nous faisions. « C’est à celle qui montera le plus haut!» Isabelle ne comprenait pas que nous puissions préférer la nôtre à la sienne. Blonde l'Isabelle, mince et droite comme un roseau. Isabelle et son petit frère, les colères qu’il pouvait faire, tu t’en rappelles ? Avec lui et quelques enfants du quartier on avait inventé notre équipe pour sauver la Terre, et on y est vraiment parvenus.

 

Le jardin, ses couleurs, le parfum des pins. Les fleurs qui tu y as plantées. Le terrain et ses bosses, ses fosses, on les descendait en roulant, couchées sur le côté. Et le petit sentier au milieu, qui longeait les rhubarbes. Avec tante Mama, on allait y chercher les escargots. Elle chantait : « Caracolle, pistole, grand-mère… iole »

 

Papa a tout rasé il y a quatre ans, pour ne plus devoir tondre autour des arbres.

 

Plus de bosses, plus de fosses. Mais les arbres survivent aux machines. Et semblables au bois de santal qui parfume la hache qui le coupe, ces années ont parfumé ma vie, et le parfum vole encore… encore…


17:13 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

Instants de bonheur Instants particuliers qui s'éveillent par le frisson d'une odeur...
Le bruit d'un froissement de brin d'herbe, sous la caresse du vent, éveille en nos pensées les songes du temps passé. Les odeurs oubliées ressurgissent, comme en rêves, elles s'imprègnent et transportent nos errements dans les strates du temps...

Écrit par : jibi | 26/05/2004

comme... l'odeur de l'herbe fraîchement coupée... tout revient à la mémoire et ressemble au bonheur,... Tout simplement...

Écrit par : ptitanne | 26/05/2004

... La nostalgie des odeurs, nostalgie des sens en éveil....

Bisous

Écrit par : Babylou | 27/05/2004

Wouaaaawwww !!! Que c'est beau ... vraiment ... tu donnes l'en-vie de savourer chacun de tes mots en même temps que celle de s'échapper vers ses propres souvenirs les plus beaux . Toi alors !!!! (Merci)

Écrit par : Just-de-passage | 27/05/2004

... Quelles douces odeurs! Les odeurs de notre enfance... Odeurs qui sentent la naïveté, le bonheur de vivre, l'insouciance, les petits jeux entre amis, ...

Écrit par : Oli | 27/05/2004

tu es courageuse.

Écrit par : | 27/05/2004

... J'ai toujours adoré l'odeur de l'automne ... les autres m'ont toujours prise pour une dingue ...

Écrit par : Bridge | 27/05/2004

Je le suis aussi, car l'automne est pour moi ce qu'il y a de plus joli au monde.

Écrit par : ptitanne | 27/05/2004

:) « Caracolle, pistole, grand-mère… iole .........................»
lalalalèèèèèèèèère.......:-)

Écrit par : tgtg | 28/05/2004

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