23/10/2004

La courbure à l'âme

Je me tiens à la courbure de votre âme, à cela qui vous rend fragiles, comme posés là par accident. C’est pour cette raison que oui je vous l’avoue, désormais je me sens étrangère à toute existence qui ne serait exclusivement poétique, en raison de cette courbure à l’âme, le mur de vos certitudes lézardé, comment dire, la certitude que tout est incertain, et qu’alors il serait folie de ne pas savourer chaque instant, puisque chaque instant est plein d’éternité. A peine moins nocive que quelque drogue à forte dose, cette existence poétique offre cependant au vivant égaré l’assurance que le spectacle sera intense, condensé et violent.

 

Parce que la seule chose, le seul mal qui vous guette n’est pas le terme de la vie mais l’ennui, dangereux parce qu’il vous éloigne de vous-mêmes et que chaque chose aussi intensément vécue vous préservera de cette insuffisance parfois irrémédiable.


22:30 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

vivre intensement... nous met souvent en danger...
Mais le danger et la souffrance qui s'en suit parfois
est certainement mieux que de ne rien ressentir
que de se contenter d'une sage neutralité, d'une triste passivité...

Ceci dit, quelques fois, tu t'en mords les doits...

Écrit par : Christ | 23/10/2004

L'ennui... Peut être bien mon pire ennemi...
Bizz

Écrit par : Val | 24/10/2004

... Ptit' coucou!!

Écrit par : Oli | 24/10/2004

petite note de travers une petite rotondité posée sur une partition...
Une note blanche et fluette, en une impasse musicale, s'est glissée au creux de la mélodie que j'avais entrepris de maîtriser.
Au regard de cet enchevêtrement de croches, de notes, de clés, de pauses et de soupirs, le curieux s'estime à l'absence, il y a un instant, de sa présence.
Contre-temps.
Léger contre-temps frustrant.
Mise en question autour d'une partition...
Sur du papier à musique, je m'étais abandonné. Il n'aura suffit que d'un bref égarement, pour que le sens de la phrase musicale me plonge dans l'angoissante existence...
L'imprévu m'est oubli. Oubli du son que pourtant j'ai joué toutes ces années sans m'apercevoir que je me trompais... Que s'est-il passé?
Je jouais, je fermais les yeux et au moment ou j'entrepris d'aborder la suite 'moderatto', je me suis senti gagné d'une sensation particulière que pourtant, je n'avais plus, depuis longtemps, ressenti: l'Emotion...
A force, je l'avais oubliée, cette émotion...
A cette façon de lire les notes et de les interprêter, de les laisser se glisser au tréfond de l'Ame, on en oublie l'essentiel: l'émotion qu'une petite note, noir ou blanche, peut susciter...
Sur la partition, une petite rotondité s'est déposée...
Il y a un instant, elle n'y était, je suis formel, mais...
Mais, sur la portée, une note blanche, fine et légère au parfum d'éphémère, s'est posée.
Je l'ai jouée.
Je l'ai jouée et elle s'est imposée...
C'est une note particulière, qui s'est harmonisé, la note d'une larme de bonheur en fugue, qu'émotionnellement, j'ai laissé échapper quand, au creux de trois soupirs, j'ai senti l'essentiel, de mon âme, s'emparer.

Écrit par : jibi | 25/10/2004

Passage Petit passage juste pour te dire que j'apprécie !

Écrit par : quadragénaire | 25/10/2004

limbes.. l'ennuyeux dans l'ennui c'est qu'on ne se rend pas toujours compte que l'on s'ennuie.. ou que l'on ennuie les autres.. ou que l'on s'ennuie de l'ennui des autres.. celui ci est le pire des ennuis.. frère du mépris.. ou quand s'ennuyer dans la vie traduit le mépris de l'autre.. de soi.. de la vie tout simplement. restent les innocents au coeur purs.. ceux là ont trouver la porte qui ouvre aux limbes... fragilité..

Écrit par : ômd | 26/10/2004

Laisse moi te redire avec deux mots de plus ce que je t'ai dit chez Julos.... Si tu tiens à la courbure de mon âme,
alors tu es posée sur le galbe d'une viole façon luth
ces instruments si doux qui ont redonné à des sons de sangs
de quoi faire des songs décents
et alors tu verras entre la poétique et l'arrière boutique
ce mot que je répète depuis que je l'ai appris
"noétique"
douce sapience à deux pas du poétique....
les penseurs à poncifs ont compliqué sa définition, je la recopie-colle ci dessous, juge
donc !
C'est pourtant simple, c'est l'élan profond qui te fait ne plus avoir besoin de dire
"je connais ça"
parce que ça est en toi
et que c'est "ça" qui te connais, c'est "ça" le secret des secrets
et tu lui donnes la parole, du fond de toi, avec tes mots tes arabesques
tes voilures et tes caravelles de consonnes qui vocalisent
alors les choses et le reste parlent en toi, et l'on croit que c'est toi !
alors tu quittes la sphère noétique et ses mots en ismes
tu ne penses plus, c'est le monde qui te pense
il a mis tes mots en soldes, dans le fatras de ses courbatures
et s'il germe c'est en volutes de fumée dans la brasserie
avec son sous-bock couvert de mots griffonnés
qui échouent dans l'isthme d'un poème qu'on te dit avoir écrit
mais toi tu sais toi tu vois
sous la girandole des vasques baroques
et des banquettes en moleskine
que c'est lui qui te prononce à force de te connaître :
Noèse.....ou poèse, à toi d'avoir l'accent que tu veux
laisser les choses me connaître à ma voix haute


Babel, qui a bien noté que la naissance pour toi valide la connaissance

Écrit par : Babel | 31/10/2004

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