19/12/2004

Tournemot

R. se souvient : « J. était restée alitée durant de longues semaines suite à un accident qui lui avait ôté la parole. Elle avait à réapprendre l’usage de sa langue comme le ferait un jeune enfant. Le médecin lui avait recommandé de lire un écrit, et d’examiner chaque mot de la lettre»

 

R., en inversant ces deux termes, a ouvert la cage de l’extraordinaire univers sonore contenu dans chaque lettre...


17:27 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Un comprise Puisque tu entres avec puissance dans le club des braves gens ressentant, voici là voila ci un poëme de 1989 pour tes fêtes.. Il est pas vieux : il est mûr !!!!
babel

Carroussel


Dans le carrousel sur la place
les chevaux immobiles entament
leur ronde.

Les cours se couvrent de mousse,
les joues s’embarbent.
Les choses vont, mais reviennent.
Enfin l’horloge du beffroi libère
l’impatience, parfois sous la pluie.

Dans le carrousel sur la place
les chevaux immobiles continuent
leur ronde.

Souvent, faute de savoir dire
le deuil, nos aventures
se désaffectent dans le roulis
délicat des ports d’attache,
en proie aux algues et, de temps en temps, au sable.

Dans le carrousel sur la place
les chevaux immobiles interrompent
leur ronde.

Épuisée la mer se fait grise,
le crachin suffit au vent.
Les barques se font rares,
ou alors sans intérêt,
et la plage devient grève, ou autre chose.

Dans les couleurs sentencieuses,
les aphorismes sont des aubes sales,
des Austerlitz, morne plaine
pour l’auditeur involontaire.
Souvent ne veut pas souvent
dire grand-chose, à moins
que le corps avant le coeur
se brise, s’en aille, se taise.

Écrit par : Babel | 21/12/2004

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