15/01/2005

Le passage

Ce qu’il m’a dit ne m’a aucunement surprise.

J’ai fait le tour, enfin, je crois. J’ai vu tous les paysages que je souhaitais voir, foulé les terres dont j’avais tant imaginé, j’ai même inventé des maisons à bâtir sur le sable, je les ai habitées de toute mon âme –ou peut-être sont-ce elles qui m’ont habitée de part en part.

 

J’ai fait le tour de cette chose brute et maladroite que les hommes appellent amour, et ce que Bobin m’a dit à ce sujet me semble aujourd’hui l’évidence même.

 

« Lorsqu’on entre dans un lien, quel qu’il soit, on en connaît tout à l’avance. Il suffit de voir une personne passer la porte, de regarder la manière qu’elle a de voyager avec son âme pour tout deviner d’elle, passé, présent, à venir. Ce que les présences donneront plus tard, elles le donnent immédiatement. »

 

Ainsi je choisis malgré cette évidence de faire un détour pour passer par toi, je dépasserai d’abord le seuil de toi, je ferai semblant d’avoir tout oublié de ma destination première, je te déguiserai en premier de ma énième fois, imiter les gestes d’amants au milieu de vestiges.

 

Ta démarche et ces yeux-là, ils plairont vite à d’autres filles plus jolies que moi, regarde-toi, tu le sais bien sois raisonnable, ceux que tu es sont toujours en compagnie.


00:54 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.