15/01/2005

Le salut

Je suis venue faire ce que j’avais à faire.

Bus n°1 à la descente du train jusqu’à la Place, ensuite les rues étroites, l’encens, le reste…

 

Mettre un son sur tes lèvres, t’entendre dessiner ton univers, ou si peu en vérité -car les fous et les poètes ne parlent jamais d’eux-mêmes vraiment, j’espère que tu es un fou, je pense que tu es un poète, comme ceux-là tu dresses un fin drap entre toi et le reste du monde, une toute petite distance, juste celle nécessaire pour s’y brûler vif sans perdre la curiosité intarissable de vivre -malgré cette brûlure.

 

On a refait le monde en quelques heures -mais au fond on aurait beau parler de soi au lieu du monde, tu le sais bien, on ne fait que se contempler soi-même; l’un en face de l’autre mais je ne vois que moi en reflet sur la vitre qui sépare je, moi, mon monde et loin devant, à deux secondes -de l’autre côté du verre, le tien. Nous ne nous y entrevoyons qu’à peine, juste de quoi s’adresser un salut bref, violent, urgent, mais qui n’engage à rien. 

 

Je crois comprendre, tu es le Strozzi dont parlait Sulivan, mais celui qui éclate son rire par-dessus les tables, dès lors ce rire, ceux qui te tournaient autour ne peuvent que l’accrocher au passage, et le faire leur, ou s'enterrer avec. Tu suis ta route, je peux reprendre la mienne. Au fond on n’appartient jamais à qui que ce soit, même un millimètre de seconde. On ne voit que ce qu’on souhaite voir sur les visages distraitement et pressement aimés, et ce soir sur les tout petits blancs qui séparent les regards, je n’avais pas aperçu les non-regards


01:37 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Toujours ce talent fou... pour parler de l'amour, du désamour... des choses de la vie... Une gorgée de plaisir à boire, à savourer... A bientôt

Écrit par : Neige | 16/01/2005

pars à l'axe et profonde heure des champs regarder au loin pour mesurer la profondeur du champ qui nous empêche de nous mettre au point

Écrit par : blick | 17/01/2005

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