21/01/2005

Prendre du poids

Toi dans les désordres des aéroports moi pour te suivre inaudible respiration restée accrochée quelque part -exactement entre le pli de ton cou et celui de ton pull-over.

 

Tu ne m’appelleras pas à ton retour –si tu reviens, personne ne nous prendra pour des amants, même en faisant semblant de perdre l’équilibre quand au tournant le chauffeur roule vite, trop vite, assurément autour de toi à une Terre à la ronde il n’est pas d’être plus libre, il ne faut rien regretter, c’est toi qui l’as dit, c’est comme revenir en arrière, prendre du poids, pourtant déjà je regrette de t’avoir dit de revenir au pays –on ne dit pas des choses pareilles, même à un sage, même à un fou, toi tu es ces deux-là; je vais allumer l’écran, j’écrirai quelques lignes, je verrai que les mots ont déserté mon endroit, j’essaierai leur envers, ils y feront ricochet, alors je choisirai d’éteindre, sauf les bougies et sauf l’encens, les images déborderont, avec les tissus de couleurs vives et avec tes pensées gingembre, terriblement gingembre, mais tu m’as rendue libre aussi, lavée de tant de tout, je me laverai de toi avec, je me laverai de l’encens, je me laverai du gingembre, laver, laver.

                                      

Je me laverai de toi, parce que ce n’est pas toi qui comptes, c’est ce que tu es dans tes gestes et dans ta langue maternelle, pas celle de ton pays mais celle de tes terres intérieures.

Tout ce qui restera, les jambes que tu m’as données pour marcher à travers, à travers…

 

Ainsi vont les choses et avec elles je vais aussi.


22:10 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour ptitanne... j'adore ton écriture et ce chagrin d'amour t'inspire merveilleusement...te lire me donne des frissons...

Écrit par : Christ | 22/01/2005

pas de chagrin... :-) mais...

Écrit par : ptitanne | 23/01/2005

Un peu d'encens... et les sens s'encensent pour ne jamais perdre le souvenir...

Écrit par : Neige | 29/01/2005

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