28/03/2005

Chemins de traverse

Sa voix est un peu rauque, crasseuse. Et la crasse, ça le connaît. C’est lui qui le dit. Sa voix qui cherche les notes, avec des accords un peu maladroits. Et son regard. Jamais sans doute je ne reverrai d’autre regard aussi glaçant que celui-là.

 

Mais déjà il se tait, on a ouvert la porte ─« maintenant ça suffit ». On lui a ôté la guitare, et avec elle la voix rauque un peu crasseuse. Après le bruit des clés ce sont ses mains qui disent alors, fermées mais j’entends leur parole, mêmes les doigts noués ; « on n’a pas besoin de fenêtres pour rêver ». Cet endroit-là, c’est un bloc de silence où parfois quelques mots clandestins se frayent un passage ; ce n’est pas qu’on n’en veut pas, vous comprenez. Mais les choses sont ce qu’elles sont, et le reste se crie au travers d’un silence qui donne tout à voir.

 

« Une discipline de fer

Sur des cheveux de soie

Oh ! Seigneur, comme j’aimerais être libre

Seulement quelques minutes

Pour oublier la prison et ses lois

Et pour te regarder

Ma jeune fiancée »

 

Et puis de l’autre côté, plus près d’ici il y a Rosie. Elle arpente le couloir. En passant devant votre porte, elle vous adresse un signe de la main, chaque doigt se lève, un, puis l’autre et redescend formant avec les autres une vague, comme le font les mères à leurs jeunes enfants lorsqu’elles s’en vont, même lorsqu’ils ont cinquante-cinq ans. Quand on lui demande comment elle va, elle vous dit « Je rentre chez moi demain, je rentre à Cologne», alors vous la saluez, Rosie, lui souhaitez bon voyage.

 

Elle vous le dira demain encore, et puis le demain de demain, et le surlendemain encore. Personne ne vient la voir, enfin je le crois. Elle s’est tissé une famille avec la dentelle de ses photos, de grandes photos dans des cadres à dorures, du doigt elle désigne la femme qu’elle était, en précisant qu’elle était une grande danseuse, sur les photos on la reconnaît bien, Rosie, alors que fait-elle ici, me le direz-vous.

 

Auf wiedersehen, Rosie. Faites bon voyage…

 

 

On n’a pas besoin de fenêtres pour passer au-delà.

Certains le diront bien, qu’on est fou, ça leur donne mal au ventre qu’on se dérobe au regard bienveillant de la raison, qui ne sait rien des chemins de traverse.


15:27 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

lucas26 Bien ton blog...

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Écrit par : lucas26 | 28/03/2005

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