22/04/2005

Les manifestants

La foule était dense ce matin-là sur la route qui mène à Malville.
Si dense qu'on ne distinguait plus son âme du reste, une seule âme portée en mouvement, un mouvement lent qui s'étire, s'étire.
 
Les hommes chuchotaient quelque chose tandis que les femmes avaient barricadé tout en dedans, et gare au premier insolent qui aurait songé à en faire sauter les barrières.
Et les enfants, pliés sur eux et pliés sur elles, leurs mères, on ne les voit pas mais eux qui voient tout alentour, qui prennent tout à l'intérieur, et qui gardent tout, le silence assourdissant, et tout ce qu'il porte avec lui.
 
Mais qu'est-ce que le silence peut porter aussi haut, alors que le ciel est si bas, et lourd de tout ce qu'il ne leur dit pas, il va bien falloir que cela tombe sur leurs têtes, alors peut-être qu'ils entendront, peut-être bien.
 
Mais pour l'heure le bloc d'âmes avance, avec alentour les champs et la terre où le pied cherche à se poser.
 
Un cri, soudain, qui suit une tou
x rauque, usée. «Lâchez les voiles !» Un instant de rien, et juste après ce rien, les mains se lèvent avec à leur bout des papiers pliés, travelling avant, ils sont pliés en deux, non, en douze, ce sont des voiles de papier, elles quittent les mains, glissent sur le vent, et le vent tourbillonne et rentre chez lui, avec attaché à son dos les voiles de papier.
 
On attendra jusqu'à ce que ça cogne au-dessus.
Le grand barbu va bien devoir se réveiller.


17:26 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

perdu dans tes mots j'ai voulu comprendre ...
et trouver à ton texte un sens
qui viendrait m'apprendre
la consistance ....???

Écrit par : aramis-le-rimailleur | 23/04/2005

alors relis à l'envers, maintenant ;-))

Écrit par : ptitanne | 24/04/2005

Tu écris, Toujours si bien les choses... Amicalement

Écrit par : Poussière de lune | 04/05/2005

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