06/05/2005

ça

Ca doit être écrit quelque part, dans les archives stockées à l’entrepôt de l’éternel, qu’il n’y a que ça. Il n’y a que pour ça que les gens font ce qu’ils font, pour ça qu’ils naissent, pour ça qu’ils meurent de la façon dont ils meurent, et pour ça qu’entre les deux ils lancent le ballon plus haut, pour ça qu’ils font des enfants, pour ça qu’ils continuent quand même. Pour ça qu’ils le cherchent encore lorsqu’il n’y a plus rien à faire.

Même les vieux et même leurs chiens. Même ceux qui, parce que ça les a surpris, choisissent pour s’en protéger un métier plus prudent, rationnel, si terriblement terre-à-terre qu’ils passent dessous sans que quiconque s’en soit aperçu.

 

Les écrivains écrivent pour s’exprimer, disent les élèves modèles. Les photographes photographient pour annoncer ou dénoncer. Les comédiens comédient pour contredire ou contrefaire. Les bâtisseurs bâtissent pour loger ou détruire.

 

Mais les peintres. Qu’est-ce qu’ils font les peintres, alors que tous les autres parlent, eux ramènent au silence, avec ceux-là tout reprend le chemin de l’œuf, de la mère, tout est au retour, tout le temps.

 

Dans les salons il y a des dames qui en parlent les lèvres pincées, des érudits qui de leur parole rugueuse fissurent ce silence, faisant de cette mise à mort ce que fièrement ils appellent carrière. Ne savent-ils pas que ceux qui se tiennent au plus proche de l’indicible n’en disent rien, ou le disent en chuchotant. Ils portent sur leur front la pâleur moite d’un enfant qui écoute ébloui le bruit d’une eau lointaine, et que son oreille collée au coquillage fait toute proche.

 

Ce retour en soi par les voies de l’émotion, tout ce qui vit le porte en soi. Tout regarde ailleurs, mais tout y revient comme un immense jeu de jokari. Des humains livrent aux humains des émotions pré formatées, alors les humains ne suivent plus que ce qui fait du bruit, ils n’entendent plus que l’énorme, l’incroyable, ils ne touchent plus à la matière brute de leur vie, qui contient à elle seule tout le bouillonnement qu’ils cherchent partout ailleurs.

 

Et c’est ça qui va tout remodeler, l’intelligence sensible ouvrira à l’ère nouvelle, oui, j’ose dire qu’un simple état d’esprit, état d’âme, état d’être au monde va ouvrir au réveil, à la résurgence du Tout.

00:44 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour Ptitanne merci de ton passage


j-luc ;-)

Écrit par : jlc | 15/05/2005

Bonjour petite Anne, Cela fait bien longtemps mais je ne t'ai pas oublié, tes textes m'interpellent toujours autant... Je t'embrasse

Écrit par : Poussière de lune (Neige) | 16/05/2005

Bravo Quelle douceur, quelle analyse, quel optimisme, quel amour………. !!!!!!!
Je suis très sensible à ces mots…., le sujet est essentiel, tu l’as transcendé de quelque chose de nouveau pour le pauvre ecclésiaste que j’essaie d’être…
merci à toi …

Écrit par : zorg | 16/05/2005

Kikoo ptite Anne Ca fait un petit bout de temps deja... Comment vas-tu donc ainsi ?

A quand une rencontre des anciens ? ;-)

Écrit par : Angie | 20/05/2005

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