31/08/2005

 Les artistes

Allongée sur le lit de sa mère, elle sera bientôt mère aussi. Les premières douleurs l’ont tirée du sommeil, comme l’enfant à naître va déchirer le sommeil de sa vie entière. Elle ne connaît pas ce que certains nomment le sentiment maternel. Elle ne l’aura pas davantage après le premier cri.  «La nuit rend songeuse ; ce n’est que la nuit, Clarissa», dit placidement la mère.

 

C’est une histoire d’artistes, qui plument les riches et les dévêtissent de leur parure pour garnir le ciel des étincelles de leur génie. Jeunes, presque beaux et surtout, uniques. A celui qui s’éveille à la passion tout semble être d’une virginité aussi prometteuse qu’un nouveau jour à son premier rayon.

 

J’aurais voulu savoir faire autre chose. Avec l’entraînement je suis devenue experte dans les choses inutiles. Le monde est peuplé de rapaces et de paons. J’ignore si j’aurais fait un paon habile, de ceux si habiles qu’ils en ont oublié leur nature première : un produit de fabrication.


19:36 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

le paon fait la roue... vieux supplice oublié...
tu te casses à faire des choses inutiles tandis que d'autres se cassent après la casse
retour à la case départ, brisé(e), écartelé(e), éventré(e), continuer suivant la longueur des boyaux...

Écrit par : blick | 13/09/2005

je nais Ô Anne, accoucher est aussi masculin.
je voudrais te faire un petit cadeau, ce poëme-là qui datera toujours d'aujourd'hui : le voilà en son entier.
"Allongée sur le lit de sa mère, elle sera bientôt mère aussi.
C’est une histoire d’artistes,
J’ignore si j’aurais fait un paon habile,"
tu "nais" tant d'autres par tes doigts encrés..
belle nuit,
Babel
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Je nais

Je nais en gerçant l’écorce
de ma mère, la déchirant.
Le sang autant que l’eau force
les lèvres serrées de mon temps.

J’ai volé ma place chez nous
à ceux qui ne seront pas là.
J’existe parmi les remous
les deuils qui ne surgiront pas.

Chacun de mes atomes
est un larcin aux fantômes.

J’éclate la phrase entendue
à grands renforts de mots appris.
Tout mon corps est dette rendue
au bon plaisir, au gré des vies
Une chair, prêt de la tribu,
libérée du marbre gris.

“Je” n’est qu’un tas d’autres choses,
des affiches se recouvrant,
en un feuilleton permanent,
où la chute se fait pause,
mais à ce jour qu’un des vivants
consanguin de toutes choses.

Écrit par : Babel | 17/09/2005

Bises En admiration devant tous tes talents (tu sais de quoi je parle...)

Écrit par : Gaïa | 22/09/2005

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