15/01/2006

Carte postale

C’est une carte postale qui a survécu à quelques-unes de ses semblables, lors d’un déménagement. Une écriture raffinée, si fine qu’il est surprenant qu’elle dise autant l’empressement, celui de se revoir, avant Pâques.

 

Pâques comme les fêtes de fin d’année et les anniversaires, point de rendez-vous pour voir si tout le monde est encore là. Parfois, il y a une place vide. Parfois, il y a une chaise haute autour de laquelle tout le monde se serre. Le nouveau-né, tout le monde le regarde, tout le monde veut le tenir contre soi, tout le monde l’embrasse, même à distance. La place vide aussi, on la regarde mais le plus souvent il convient de ne pas trop en parler.

 

Sur la carte postale c’est d’une place vide dont il s’agit. M. ne rentre que lundi, et Pâques sera déjà passée. « Le printemps commence enfin à se laisser deviner, il nous permettra de repartir d’un bon pied, vers le beau temps ». Cela, et les mille baisers qui l’accompagnent. Il y aurait donc autre chose dans ce que je désignais comme n’était que parlotte et bavardage inconsistants. Se dire les choses, ou au moins gratter un peu la fine pellicule qui les entoure, les faire prendre l’air sans trop les découvrir, puisque tout le monde ne sera pas au rendez-vous, carrefour où tous se saluent avant de poursuivre la danse.

 

Dans cette histoire de temps qu’il fait, à bien y regarder, à contre-jour, il me semble y trouver plus que le temps du ciel, mais le temps de l’homme, « allons, tu es là, tu es inscrit au journal des présences, continuons, la vie va ». On va de l’avant. Car c’est toujours de cela qu’il s’agit, aller de l’avant. On en revient toujours à cela : continuer; marcher quand même. Malgré le reste qui ne marche pas, pour le reste qui ne marche pas, et parce que tout est voué à s’arrêter, demain matin peut-être. Qu’il fasse pluie ou beau temps.

19:00 Écrit par ptitanne | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

bonjour une merveilleuse journée a toi

Écrit par : coeurdenfant | 22/01/2006

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